|
|
 |
LA SAINT-JORIENNE
|
LA SAINT-JORIENNE : Historique |
 |
|
Au fil du temps, la Batterie-Fanfare a toujours tenu une place importante dans la commune de Saint-Jorioz.
1848... C'est la date la plus ancienne à laquelle nous avons pu remonter. Un document retrouvé par des personnes qui se sont penchées sur l'historique de Saint-Jorioz montre que des clairons étaient déjà présents |
 |
|
 |
Les premières traces de musique
La naissance officielle de la clique des sapeurs pompiers se situe en 1850 (en même temps que la compagnie des sapeurs pompiers).
Il est difficile d'avoir des renseignements précis sur cette époque : très peu d'écrits subsistent et, parmi les générations actuelles, même les plus anciennes, les seules traces qui restent sont des histoires qu'on a entendu raconter.
Ce dont on est sûr, c'est que des musiciens jouaient du clairon pour prévenir en cas d'incendie ou de danger. Il y avait également des tambours ; on en a deux preuves :
- la première est l'histoire est celle d'un tambour qui ayant trop picolé se serait vu confisquer son instrument
- la seconde est qu'un ancien tambour servait de poulailler chez un musicien.
On sait également que pour leur plaisir personnel, certains musiciens jouaient du cor de chasse (en Ré).
|  Dans les années 1920, le chef de musique est Clément THOMAS. C'est lui qui dirigera jusqu'à la guerre. A cette époque, la clique ne compte que quelques clairons. Charles THOMAS, fils de Clément, se rappelle sa première sortie en 1940 : Le répertoire est pour l'heure encore très simple et composé de sonneries (Aux Champs, Au Drapeau) ainsi que d'un morceau : " Les Enfants de Troupes ". Les répétitions se font chez Clément THOMAS au hameau de Lornard. Les musiciens se déplacent à pied : on citera l'exemple de Flavien DEMAISON qui, habitant le hameau de Paterier, à l'autre bout de la commune, traversait bois et rivières pour se rendre en répétition. Les sorties sont rares : cérémonies, sépultures, banquet de pompiers.
| Le renouveau d 'après guerre
Dans les années 40 l'activité cesse pour cause d'occupation allemande.
La clique redémarre fin 1945 sous l'impulsion de Henri CHAPPAZ. Deux éléments vont se révéler déterminants : François THOMAS, de retour d'Autriche a appris à jouer du cor au 7ème BCA. Il apprend à son frère Charles ses premiers morceaux chasseurs. Le répertoire s'enrichit alors considérablement : " le Téméraire, l'Echo de la Rochotte, Défilé des Bataillons, Ronceveau...". L'engouement du public est tel, qu'à la suite du premier banquet de pompiers d'après guerre, ce ne sont pas moins de cinq cors que les musiciens se voient offrir. D'autre part le curé de la commune est remplacé en 1947 par le Père BOUVET, qui restera 27 ans. Sa grande connaissance de la musique sera très bénéfique. Ce prêtre en soutane, qui joue du cor avec la clique pendant la messe, apprend le solfège aux jeunes et forme des tambours. Ceux-ci ne possédaient pas de tambours silencieux comme nous en avons à l'heure actuelle, et c'est en tapant sur des chaises qu'ils effectuaient leurs exercices.
En 1948, la clique participe au concours de Thônes et finit deuxième. Les tenues de pompier des musiciens sont neuves. Leur bonne place au concours ainsi que leurs belles tenues valent aux musiciens l'honneur d'être choisis pour recevoir le consul suisse au cimetière de Morette.
L'effectif grossit. Les répétitions se font ici et là, chez les musiciens, au café. Les jeunes apprennent à défiler sur le lieu de travail de Henri CHAPPAZ, aux Tuileries, sur une dalle située à une bonne dizaine de mètres de hauteur. Les exercices de nuit se révèlent être périlleux.
La mairie ne tarde pas à fournir un local, à Monnetier, que les musiciens doivent complètement retaper. Les anciens se rappèlent entre autres la rénovation du toit pour laquelle il avait fallu charrier des arbres à l'aide de chevaux. L'Hiver, ils coupaient du bois pour se chauffer et les répétitions se faisant dans un local ainsi très enfumé.
Les premières trompettes font leur apparition, Marcel SEYTEUR succède à Henri CHAPPAZ.
Le temps fort de l'année est le banquet des pompiers précédé d'une retraite au flambeau la veille au soir. Au matin du banquet le réveil était sonné dans les divers hameaux, chez le capitaine des pompiers, chez le curé, chez le maire,... Lors du congrès annuel de pompiers, était organisé aux quatre coins du département, un concours de clique, auquel, la formation saint jorienne ne manquait pas de participer. Il y avait également quelques animations lors de vogues, à Saint Jorioz, et ailleurs.
En 1956 des différents avec la mairie provoquent la mise en sommeil de la compagnie des sapeurs pompiers et par conséquent de sa clique.
| 1957, un nouveau départ
C'est Gilbert CHAPPET qui entame la reconstruction de la clique. Les répétitions se font dans une classe d'école (actuelle mairie). Les temps sont durs : en 1960 pour le centenaire du rattachement de la Savoie à la France on compte seulement quatre ou cinq musiciens.
Petit à petit l'effectif remonte jusqu'à atteindre cinquante musiciens dans les années 70. (24 tambours entrent en formation en 1963)
Suivant l'exemple de Doussard, un festival de cliques est organisé en 1973. Quelques sociétés voisines et amies sont invitées la veille dans les hameaux pour un concert et casse croûte. Le dimanche après midi, de nombreuses cliques de Savoie et Haute Savoie se succèdent pour un défilé et une prestation sur podium.
Les années qui suivent sont des années de grand changement, tant au niveau du répertoire que des structures. Le répertoire s'enrichit avec les compositions variées de J.Devogel (Pépita, Troïka, Boléro militaire) ce qui amène des instruments nouveaux et plus graves, les basses, pour enrichir la formation et permettre la bonne exécution de ces œuvres. En 1972, La batterie Fanfare emménage dans ses locaux actuels. En 1977, est organisé à Saint Jorioz le festival départemental. La samedi, plusieurs sociétés sont invitées, jouent dans les hameaux, et se retrouvent en soirée pour un pique nique autour d'un grand feu de joie visible des quatre coins de la commune. Le dimanche, grand défilé de la mairie à l'église suivi d'une prestation des sociétés sur un podium derrière l'église. A peine eut retenti le morceau d'ensemble (Bouton d'or) qu'un orage mémorable vint ponctuer la journée.
La création de la fédération des batteries fanfares en 1973 amène notre clique à prendre des statuts d'association loi 1901 sous la forme d'une batterie fanfare. Les statuts sont déposés en préfecture en 1980. Le premier président est Jean-Paul DECOUX.
"La Saint-Jorienne ", c'est le nom qui fut choisit pour cette nouvelle association, prend une part active au sein de la fédération. Gilbert CHAPPET est élu provisoirement trésorier lors de la création de la FBF. (insistons sur le terme de provisoire puisqu'il l'est toujours à l'heure actuelle). C'est également à Saint Jorioz que sont organisés les premiers stages départementaux de formation musicale. Des instructeurs issus des grandes formations militaires nationales (R.Goute, M.Poirrier,...) sont invités. Le dévouement de Gilbert et des musiciens saint-joriens est apprécié de tous. Les 200 stagiaires logent dans une salle à Saint Eustache, les filles chez Gilbert. Ce dernier cultive lui-même les salades qui sont servies aux participants. Les instructeurs reçoivent un jambon fumé en guise de rémunération. Le successeur de Gilbert au poste de président de " La Saint-Jorienne " n'est pas en reste. En effet, Henri LAFFIN s'occupe également activement des stages de la FBF, délaissant parfois même sa propre société. Les locaux des Prés du Lac s'avèrent être une alternative à l'exiguïté de l'école primaire.
Les années 80 sont marquées par la création de l'école de musique. Un professeur est recruté par petites annonces. Les élèves affluent en très grand nombre à tel point que les structures de la batterie fanfare ne suffisent plus pour gérer un tel panel de jeunes. La mairie municipalise alors l'école de musique, école qui reste néanmoins en partie au service de la batterie fanfare. À la direction, se succèdent François FRANSESCATI et Patrick SEYTEUR. La tenue de pompiers cède la place à une tenue plus flamboyante à dominante rouge. La vingtaine de musiciens alors présente est très assidue, la présence autant pour les sorties que pour les répétitions avoisine les 100%. La batterie fanfare fait le tour des campings chaque été, sortant presque tous les soirs du mois de juillet, présentant un concert d'1h30. Il y eut également de nombreux défilés avec les majorettes de Cran Gevrier, des sorties intéressantes, notamment dans le val d'Aoste.
document à télécharger : document sonore de 1957
| Des années moins souriantes
Petit à petit, la situation se dégrade... L'effectif diminue. Le niveau musical avait fait oublié les problèmes de recrutement. Il faut faire face à la démission du président. Daniel SEYTEUR reprend la présidence au pied levé en 1992. La batterie fanfare se voit peu à peu reprendre ses avantages auprès de l'école de musique, perdant les cours de solfège et son poste de professeur de tambour, ce qui la pousse à recréer sa propre école de musique en 1993. Il faut parer au plus pressé.
Une alliance est envisagée pendant quelques années avec les musiciens de Poisy et Metz-Tessy, pour assurer la survie de l'activité musicale pour les trois sociétés. En 1994 l'alliance s'essouffle... Les déplacements pour les répétitions une semaine sur trois ont raison des plus motivés. En 1994, " La Saint-Jorienne " se tourne vers sa voisine de Duingt renaissante, mais cette renaissance fut provisoire. En 1995, le pari est lancé : repartir seuls. L'effectif est faible, le niveau musical pas toujours au rendez vous, mais l'activité se maintient grâce notamment au soutient de société amies comme Anthy-sur-Léman ou Villaz, qui n'ont pas hésité à nous prêter main forte pour les sorties. Le recrutement est toujours faible, mais permet un certain renouveau. On peut néanmoins noter quelques temps forts comme des sorties à Avignon ou au carnaval de Schlursee en Allemagne, ou encore le concert de 1998 organisé pour fêter les 150 ans de la batterie fanfare. Les sociétés voisines furent réunies pour un gala avec le groupe de percussion de la Fédération des batteries fanfares de Haute Savoie, les tambours du Puy en Velay, l'harmonie de Sevrier. A la grande surprise des organisateurs, le public saint-jorien à répondu présent et même plus que présent au rendez-vous.
| Aujourd'hui
A nouveau millénaire, nouveau président. Nicolas MUGNIER-POLLET succède à Daniel SEYTEUR. Les problèmes sont loin d'être résolus. Il faut se battre pour recruter quelques jeunes chaque année, et répondre présent aux sorties. Les orientations principales sont celle d'une promotion de notre musique en prenant une part active dès que possible aux activités communale (Fête de la musique, Fête des pays du Laudon...) ; des liens ont également été tissés avec l'école municipale de musique (récemment reconvertie en centre de pratique musicale intercommunal) . Ces opérations, par leur multiplication et leur pertinence, devraient contribuer à renforcer notre trop faible effectif , qui avoisine les vingt musiciens, tant en qualité qu'en quantité. Les efforts commencent à payer, mais maintenir une batterie fanfare en activité dans notre société actuelle n'est pas une mince affaire...
|
|
 |
|
|